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 Je suis au loin et lorsqu'on s'approche de moi, je recule. Qui suis je ? [Terminé]

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MessageSujet: Je suis au loin et lorsqu'on s'approche de moi, je recule. Qui suis je ? [Terminé]   Dim 4 Oct - 23:53


 

 
Cléante de Belmont

 

♦ Prénom : Cléante
♦ Nom: De Belmont
♦Âge: 28 ans
♦Sexe: Masculin
♦Orientation sexuelle:Pansexuel
♦Groupe: Humain
♦Royaume: Aucun
♦Rang: Ronin
♦Métier:  Se dit magicien de rue, mais accomplit n’importe quelle tâche tant qu’il peut rendre service.
♦Pouvoir: Pouvoir mental de contrôle de la souffrance. Il peut ressentir à distance la douleur des autres comme s'il s'agissait de la sienne. Lorsqu'il y a contact physique, il peut apaiser ou exacerber la souffrance, physique ou psychologique, mais cela ne rend pas les blessures plus ou moins présentes.
♦Avatar:Howl/Le Château Ambulant




 
Ce que je vois dans le miroir

 
Il était une fois un jeune homme, qui vivait dans une ville toute teintée de noir, plus noire encore qu’une pièce fermée, jusqu’au ciel. Lui n’aimait pas ce qui était triste, ni ce qui était terne, ni ce qui était monochrome. Il voulait y mettre de la couleur, du joyeux, de la vie, même si ce n’était qu’à sa petite échelle. Ainsi, il s’habillait de multiples coloris. Tout en lui exhalait la gaieté. Comme il donnait de petits spectacles de prestidigitation, il s’habillait de vêtements de magicien bigarrés. Une grande cape à carreaux, une petite chemise, un pantalon qui lui allait jusqu’à la taille, des bottes, du rouge, du vert, du bleu, du rose, du jaune, du orange et de l’arc-en-ciel.

Il portait ses cheveux mi- longs, et semblait les couper au couteau. Sa frange droite était inégale, comme s’il s’en moquait bien tant qu’il n’avait pas de cheveux dans les yeux. Et pourtant, il en avait beaucoup, des mèches dans les yeux. Il ne s’en souciait pas vraiment. Eux aussi étaient colorés ; ils étaient or. Surtout au soleil, on avait l’impression de voir briller des pièces de monnaie sur son crâne. Sans doute les mêmes pièces qu’il tirait de derrière l’oreille des gens qu’il rencontrait, lorsqu’il souhaitait leur donner le sourire. Car rien n’avait plus de couleur que cela.

Son visage aurait pu être qualifié de doux. Un long nez droit, de grands yeux couleur azur, en amande, surmontés de longs cils et soulignés par des sourcils très fins et blonds. Sa bouche, faite de lèvres fines et roses, s’accordaient à sa mâchoire en triangle, dont les joues étaient légèrement creusées et les pommettes saillantes. Il était, cela dit, à moitié dissimulé par sa chevelure, qui se perdait partout devant ses traits fins. Il était imberbe, ce qui ne donnait pour autant rien d’enfantin à sa tête. On voyait qu’il était adulte. Un petit adulte, cela dit, on le prenait souvent pour plus jeune qu’il l’était.

Il était plutôt grand pour une corpulence moyenne. Ses épaules étaient carrées, et sa taille marquée, pas pour autant à la manière d’une femme. Ses jambes étaient cela dit très longues et il y avait quelque chose de délicat, d’aérien dans sa démarche, et dans les gestes qu’il avait. Autant lorsqu’il dansait, lors de ses spectacles, à la manière d’une ballerine, autant lorsqu’il se saisissait simplement d’un objet, doucement et gracieusement. Cela contrastait avec sa voix, profonde, et grave. Il rappelait immédiatement, lorsqu’il parlait, qu’il était bien un homme.

 


 

 

 
Ce qui se passe dans ma tête

 
Cléante était insaisissable. C’était le mot. Un terme qui résumait le tout. Il glissait entre les doigts comme du sable fin. Ou comme de l’eau. Le sable, on pouvait encore le prendre en main. L’eau liquide, non. Il était incompréhensible, impossible à cerner, et même à garder auprès de soi. Il était le fondateur d’un refuge dans la Ville Noire, l’Institut du Sourire, qui n’accueillait que des enfants de moins de dix-huit ans. Autrement dit, un orphelinat. Autrefois, il vivait auprès de nous, et nous le considérions comme notre papa. Mais depuis peu, il avait passé le flambeau à l’un de nos camarades, le plus vieux, un ancien voleur qui s’appelait Sten. Longtemps, il ne nous avait rendu qu’une visite par an. Depuis peu, il venait un soir par mois, nous déposer de la nourriture et des vêtements, nous conter des histoires et nous jouer des tours de magie.

Il me manquait. Papa avait toujours été un modèle pour nous tous. Il souriait toujours, même dans les moments les plus difficiles. Même quand quelqu’un mourrait. Un jour, j’avais été méchante avec lui. Je l’avais traité d’insensible. J’avais bien cru qu’il l’était. Son sourire ne quittait jamais son visage. Il souriait quand il était triste, quand il était en colère, quand il était heureux, toujours. Mais depuis, j’avais compris que s’il le faisait, c’était pour apaiser les autres. Parce qu’il n’avait pas besoin de montrer ses émotions. Il les ressentait et cela lui suffisait. Les exposer, c’était exacerber celles de son entourage. Alors que s’il souriait, alors il pouvait le rassurer, l’aider à se sentir mieux. Il souriait parce qu’il fallait bien que quelqu’un le fasse. Malgré tout, cela renforçait le mystère de son caractère. On ne savait jamais ce qu’il ressentait. C’était impossible à déterminer.

Mais il n’était pas quelqu’un de mauvais, je le savais. Il ressentait la tristesse et la colère. C’était un grand altruiste. Tout ce qu’il voulait, c’était que les autres se sentent bien. Il ne supportait pas la souffrance. Il ne la tolérait pas. Je pensais même que dans le fond, il était hypersensible. Mais sa générosité, il ne la démontrait que par des actes. C’était pour cela qu’il s’habillait toujours en magicien. Cela faisait sourire les enfants, les petits comme les grands. Il connaissait beaucoup de tours avec des cartes ou des pièces de monnaie. Il profitait de n’importe quelle occasion pour les jouer. Cela pouvait sembler rien, mais décrocher un simple rire de la part de quelqu’un qui vivait dans la souffrance était déjà une grande récompense pour lui. Nous-même, nous riions beaucoup lorsqu’il faisait son numéro, qu’il tournoyait, qu’il avait de grands gestes démonstratifs.

Il pouvait sembler un grand enfant, adeptes de contes et de légendes, et il était pourtant incroyablement responsable. Il nous avait appris à lire, écrire, compter, et il y avait un je-ne-sais-quoi chez lui qui nous poussait à lui faire confiance et à nous remettre entièrement à ses décisions. Il nous poussait souvent à la réflexion. Lorsque nous lui posions une question, sur lui, sur nous ou sur ce que nous devions faire, il répondait souvent par une fable, une citation, une métaphore ou une énigme. J’irais même plus loin : il s’exprimait par elles. Cela le rendait absolument énigmatique. Et pour autant, il n’y avait aucune prétention dans sa manière de dire les choses. C’était quelqu’un de très humble. Je pensais bien qu’il le faisait parce qu’il nous aimait comme un père qui voulait que ses enfants prennent seuls leurs décisions, qu’ils se fassent leur propre réflexion. Il aimait tout le monde comme un père aime ses enfants, même les inconnus et les personnes plus âgées que lui.

Parfois, il était frustrant. Soit parce qu’il fallait passer des heures à déchiffrer ses réponses pour enfin en comprendre le sens, comme dans un mauvais livre, soit parce qu’il parlait très peu. Uniquement lorsqu’il l’estimait nécessaire. Parfois, il ne répondait que par un monosyllabe, une onomatopée, un sourire. Il pouvait passer des heures dans les bras de quelqu’un pour le soulager, car son pouvoir était d’apaiser la douleur de ceux qu’il touchait, sans décrocher le moindre mot. Comme s’il n’estimait pas la parole indispensable. Il était affectueux, pourtant, mais disait rarement de mots d’amour. Ce qui, quelque part, les rendait plus précieux. Je me souvenais que lorsqu’il m’avait prise dans les bras doucement et qu’il m’avait murmuré : « je t’aime, tout ira bien », je m’étais sentie comme au paradis.

Il n’y avait qu’une fois que je l’avais vu perdre son sourire. Il y avait une Red Queen qui avait touché à deux membres de l’orphelinat. Pourtant, les deux semblaient se connaître. Il l’avait prise dans ses bras. Elle n’avait rien dit. Puis il avait utilisé son pouvoir. Le mauvais sens de son pouvoir. Son visage était devenu terrifiant. Ses la peau de son nez s’était plissée, ses lèvres s’étaient retroussées, et il avait pris des allures de chien méchant. Il l’avait faite souffrir. Il l’avait torturée, si fort et pendant si longtemps qu’elle avait fini par s’écrouler. Puis il l’avait laissée sur le sol. Sans un regard. Je n’avais pas entendu leur conversation, mais j’avais été terrifiée. Ce papa-là n’était pas le papa que je connaissais. Un moment, j’avais eu peur de ne pas le connaître, ni le comprendre du tout. Et cela ne m’aurait pas étonnée. Il était imprévisible. Et incompréhensible.

 



 

 
Ce que j'ai fait de ma vie

 
« - Cléante, tu ne m’as toujours pas dit qui était cette femme Red Queen qui avait l’air de te connaître.

- Hn, Hélène. Heureusement que tu me le rappelles, dis-moi. Ne t’ai-je jamais raconté l’histoire du petit aristocrate de Jiyuu ?

- Tu ne peux pas arrêter de répondre par des contes et des énigmes ? J’ai bientôt quinze ans ! Parle-moi comme à une adulte !

- Oh, les adultes négligent souvent les enseignements des contes, c’est bien vrai. Pourtant, ils ont tout autant à leur apporter qu’aux enfants. On est parfois surpris de le constater, par ailleurs, et tu le saurais si tu étais réellement adulte. Mais je ne te blâme pas, ne grandis surtout jamais. C’est le mieux à faire. La prise de maturité est la pire chose qu’il puisse arriver au cours d’une vie. Où en étais-je ? Ah oui : Il était une fois, dans un lointain royaume, où le cours de la vie n’est qu’affaire de naissance, où les choix ne sont pas du ressort des hommes mais de celui d’un Oracle incontestable…

- Tu es incorrigible !

- Tu as bien raison. Continuons… le nom de ce royaume était Jiyuu. Là-bas vivait un couple d’aristocrates. Très amoureux l’un de l’autre, ils eurent bientôt deux charmants enfants. Un petit garçon et une petite fille, qui naquirent le même jour. La petite fille reçut un très beau pouvoir : celui de toujours savoir où les personnes qu’elle aimait se trouvaient. Le petit garçon, lui, en eut un moins joli : le contrôle de la souffrance. Lorsque quelqu’un avait mal, il le sentait. Lorsqu’il touchait cette personne, il pouvait apaiser sa douleur, ou l’exacerber. Ce don d’empathie, bénédiction ou malédiction ? Grande énigme. Heureusement, il ne lui servit pas immédiatement, dans les premières années de sa vie. Car dans les demeures des aristocrates de Jiyuu, tout le monde était heureux. Oisiveté, complaisance, même les serviteurs n’avaient à se soucier de rien. Tout était écrit, tracé. Le peu de douleur qu’il eut à apaiser concernait des coupures aux doigts, d’embêtants papiers à remplir. La vie était belle.

Les deux enfants apprenaient à lire, à écrire, de professeurs particuliers. Ils ne se mêlaient pas beaucoup au monde extérieur, bien confinés dans les résidences des aristocrates. Leur père était très strict : il mettait leur éducation au premier plan. Paradoxalement, il avait de l’humour, et lorsqu’ils avaient de bons résultats, il leur apprenait des tours de magie pour les récompenser. Leur mère était plus douce. C’était une femme passionnée, qui aimait leur lire des contes pour les endormir. Lorsqu’ils jouaient, c’était ensemble, dans le jardin. On les laissait s’y divertir autant qu’ils le désiraient. A une seule condition, cependant. Ils ne devaient jamais en sortir. Ils ne devaient jamais chercher à dépasser la clôture qui délimitait la demeure. Celle à côté de laquelle poussaient de grands rosiers. Mais ils ne s’ennuyaient pas. Car ils étaient ensemble. Ils s’entendaient parfaitement. Je dirais même qu’ils s’aimaient plus que tout. Ils avaient des jeux amusants : l’un faisait le Red Queen, l’autre le rebelle, et le petit aristocrate devait attraper sa sœur…

- Mais c’est horrible ! » S’insurgea Hélène.

« - Oh, oui, mais à l’époque, le petit aristocrate et sa sœur ne le savaient pas. Et voilà que j’ai perdu le fil... oh, m’y revoilà. Je disais… la vie était facile, et belle. Mais lorsque l’on vit dans l’oisiveté la plus totale, on oublie également d’apprendre que l’on n’est pas immortel. C’est l’enseignement le plus important, que reçoit celui qui doit gagner sa vie. Qui doit travailler pour ne pas la perdre. Ainsi, on se pense invincible. Et c’était exactement ce que pensaient le petit aristocrate et sa sœur. Bientôt, ils se lassèrent de la poussière des vieux livres, des confitures et des jeux dans le jardin. Ils eurent une envie d’aventure. Et l’appel de ce qui se trouvait par-dessus la barrière se fit de plus en plus fort. Ils atteignaient l’âge de douze ans. Un âge où, lorsque l’on vit loin de tout, l’insouciance reste puissante.

« Partons à l’aventure », s’enthousiasma la petite aristocrate. « Père et mère n’en sauront rien ». Son frère acquiesça et sourit. Ils grimpèrent à la clôture qui délimitait le jardin. La petite s’égratigna un peu le genou à l’une des épines du rosier, mais son frère s’occupa d’apaiser sa douleur, et elle put continuer. Puis ils s’aventurèrent dans les rues. Ils coururent, coururent en riant. Ils furent d’abord surpris qu’il n’y ait pas de danger. Seulement des hommes, des femmes, qui allaient à leurs occupations. D’autres enfants qui riaient, des chats qui se prélassaient, un artiste qui peignait. Ils coururent, coururent jusqu’à être fatigués. Et ils s’émerveillèrent de tout. Des dalles différentes, des odeurs, des bruits, des fruits, des éclats de voix, des milliers de personnes différentes.

Bientôt, cependant, les habitations se faisaient moins belles, les rues moins joyeuses, et le petit aristocrate sentait un poids lourd peser sur sa poitrine. D’où venait-il, ce sentiment ? Il n’en avait pas la réponse. Mais au fur et à mesure de ses pas, il se faisait de plus en plus désagréable. Et lorsque les maisons ne furent plus que des taudis écœurants, cette impression le submergea. C’était le même que lorsqu’un serviteur se coupait le doigt avec une feuille de papier, et qu’il le prenait dans sa petite main pour le soulager. Mais il était bien plus fort. Bien plus pesant. Au point de lui donner envie de vomir. Il ne venait plus que d’une rare personne, il émanait de partout. De toutes les ruelles pourtant visiblement désertes.

« Rentrons à la maison », s’apeura la petite aristocrate. Elle n’avait pas le sentiment de son frère, mais sentait l’ambiance pesante de ces rues. « Je crois que c’est le secteur des sinfuls. On ne doit pas aller ici. L’Oracle pourrait se fâcher. Maman m’a dit que…»

Elle n’eut pas le temps de lui parler. Comme pour lui répondre, un petit garçon apparut. Il sembla se tirer des ombres. La petite aristocrate cria de terreur, et elle s’enfuit vers sa maison. Elle pensait que son frère la suivrait. Il ne le fit pas. Il était figé, planté, stoïque. Il ne bougeait plus. Les émotions qu’il ressentait face à ce nouveau venu étaient atroces. La faim, la soif, le désespoir. Il eut envie de vomir. D’éclater en sanglots. Mais les  deux se contentèrent de se fixer dans le blanc des yeux. Le petit aristocrate souriait. Lorsqu’il devait apaiser quelqu’un, il le faisait toujours. Il s’approcha lentement. Puis il lui prit la main. Le petit sinful eut un mouvement de recul. Puis il se détendit. Ses soucis s’étaient comme envolés.

Le petit aristocrate lâcha la main, persuadé d’avoir soulagé l’autre garçon pour toujours. Mais ce qu’il ne savait pas, c’était que cette souffrance-là n’avait rien de celle d’une coupure faite par le papier. A l’instant où il cessa d’exercer son pouvoir, elle revint de plus belle. Il ne comprenait pas. Comment pouvait-elle être si tenace ? Comment ne parvenait-il pas à la faire disparaître ? Il perdit un instant son sourire, puis il se souvint qu’il ne devait pas, car cela était parfois plus soulageant que tous les pouvoirs du monde. Alors, il étira à nouveau ses lèvres. Et au lieu de lui prendre la main, il le prit dans ses bras. L’autre avantage des enfants était qu’ils ne se souciaient pas d’être inconnus ou non. Ils pouvaient rencontrer quelqu’un pour la première fois, et leur demander simplement d’être leur ami. Ils n’avaient aucun apriori, pas même lorsque l’univers entier les séparait.

« Qu’est-ce qui te fait souffrir autant ? » Demanda le petit aristocrate. Le jeune garçon, qui était un hybride panthère, hésita longuement avant de répondre. Mais pour une raison inconnue, il se sentait bien, dans son étreinte, apaisé comme jamais il ne l’avait été. Alors, il se décida à le faire.

« Ma petite sœur est malade, et je n’ai pas le droit de travailler. Elle a huit ans. Je n’ai pas assez pour acheter les médicaments. Je ne sais pas quoi faire. »

Le petit aristocrate eut envie de pleurer. Pourtant, il souriait. Voilà en quoi son pouvoir était autant une bénédiction qu’une malédiction. Maintenant qu’il savait qu’il y avait autant de souffrance, si proche de chez lui, il ne pouvait fermer les yeux. Auparavant, il lui fallait seulement donner la main à la personne, et elle allait mieux. Mais il comprenait désormais que s’il souhaitait éradiquer la douleur, ne serait-ce que de ce garçon, cela lui demanderait bien plus d’efforts. Il devrait donner de lui-même. Il aurait certes pu fuir, passer outre, se confiner dans sa belle demeure et ne jamais en sortir, se persuader que tout allait bien. Mais il n’envisagea même pas cette possibilité. Vivre en sachant l’existence de la véritable souffrance lui était insurmontable. Même de très loin, il la ressentait désormais. Tout ce secteur qui hurlait à l’injustice.

Très souvent, il revint apporter clandestinement au petit hybride panthère, de la nourriture et des médicaments. Il s’asseyait sur le bord du lit de la malade, lui prenait la main, afin qu’elle cesse de souffrir pendant quelques instants de la fièvre. Il se souvenait que ce qui lui donnait le sourire à lui, c’était les contes de sa mère et les tours de son père. Alors il jouait des tours à la petite fille, et lui lisait des contes. Ce n’était pas de tout repos. A tous les instants, il avait peur que l’Oracle décide qu’il devait arrêter de le faire. Et chaque fois que l’on se rendait compte qu’il était sorti, il était sévèrement puni. Pourtant, il continuait toujours. Et sa sœur le savait, car comme nous l’avons dit, son pouvoir lui permettait de sentir où se trouvaient les personnes qu’elle aimait. Elle ne disait rien. Parfois, elle lui faisait une petite remarque. Elle lui disait que c’était imprudent. Qu’il devrait s’arrêter. Mais le petit aristocrate n’en tenait jamais compte.

Le petit hybride panthère et lui ne parlaient pas beaucoup. C’était comme s’ils n’en avaient pas besoin pour se comprendre. Le petit aristocrate, en tout cas, n’en avait pas besoin. Instantanément, il savait lorsque quelque chose n’allait pas. Lorsqu’il eut quatorze ans, la gentille petite fille malade, celle dont il tentait de rendre l’agonie plus douce, rendit son dernier soupir. Il sentit à quel point l’hybride panthère hurlait intérieurement. Ils passèrent plusieurs heures dans les bras l’un de l’autre. L’humain exerçait son pouvoir de toutes ses forces, mais cela le fatiguait. Pourtant, il ne se serait jamais arrêté. Pour rien au monde. Il vivait le deuil de son ami tout autant que lui. S’il n’avait rien fait pour l’apaiser, il en serait mort de chagrin. Et il souriait.

Il ne cessa pas de se rendre dans les taudis. Au contraire. Chaque jour, il revenait, pour donner la main à son ami toute la journée. On le punissait. On barricadait sa chambre. On l’enfermait à clé. Et pourtant, il trouvait toujours moyen de passer par la fenêtre, d’escalader les murs, d’échapper aux serviteurs et aux vigiles. Il ne s’arrêta pas. Bientôt, les deux se rendirent dans d’autres taudis, pour aider les sinful et soulager leur douleur. Il se fit désormais un devoir d’aller les rencontrer, de leur jouer des tours, de leur lire des contes pour les faire sourire et rêver, même les adultes. De leur fournir des vêtements. De la nourriture. Des médicaments. Désormais, le petit aristocrate avait pleinement conscience d’à quel point le don d’empathie était difficile à vivre. Tous les efforts du monde ne pouvaient rendre l’atmosphère des taudis moins insurmontable. Et pourtant il essayait. Il se démenait pour cela.

Le jour où il eut ses seize ans, les obligations de Jiyuu rattrapèrent le petit aristocrate. L’Oracle, premièrement, exigea qu’il cesse d’aider les sinful. Et une lettre lui fut délivrée, dans laquelle on lui indiquait son futur partenaire et où il se trouvait. Ses parents furent heureux de savoir que leur fils, avec cet ordre officiel, reviendrait sûrement enfin dans le droit chemin. Sa sœur l’avait reçue au même moment. Elle était ivre de joie. L’idée de rencontrer la personne qui lui correspondait le plus lui semblait merveilleuse. Son frère, lui, prit ces nouvelles comme deux coups de poignard. Ce jour-là même, il scella à jamais son destin. Il fit sa première transgression. Car il refusait de cesser de voir son ami. Il ne le pouvait pas. C’est le sourire aux lèvres qu’il sortit simplement de chez lui, pour se rendre à nouveau dans les taudis. Lorsqu’il retrouva l’hybride panthère, ils tinrent exactement cette discussion.

« Je n’ai plus le droit de te voir », commença le petit aristocrate. « Et j’ai désormais un partenaire hybride. » La souffrance mit un temps à émaner de son ami. Le temps qu’il lui fallut pour se défaire de la surprise. Et lorsqu’elle apparut, il se la prit de plein fouet, au point de lui mettre les larmes aux yeux.

« Comment tu peux m’annoncer ça avec un grand sourire aux lèvres ? » Réussit à articuler l’hybride panthère, tremblant. « Si tu pars je vais mourir. Je vais mourir putain ! » Le petit aristocrate ne se défit pas de son sourire. Il lui attrapa simplement la main pour l’apaiser, et le regarda longuement dans les yeux, bienveillant. Puis, il reprit posément, sur un ton rassurant.

«Je souris parce que tout va bien. Tout ira bien. Tu ne mourras pas, car je ne pars pas, à moins que tu me demandes de le faire. Jen », car c’était le nom de l’hybride, « deviendrais-tu mon partenaire ? Lie-toi à moi. Ce que je te demande-là est un sacrifice. Nous ne pourrons plus vivre à Jiyuu. Et nous serons traqués. Nous vivrons dans la peur. Dans un monde encore plus froid et terne que celui que tu as connu. J’ai conscience que la souffrance ambiante y sera plus forte encore que dans les taudis. Et lié à toi, mes pouvoirs exacerbés, j’ai peur de ne pas tenir. Pourtant, c’est ce que je veux. Est-ce ce que tu désires ?
- Ou-oui », bafouilla sans même réfléchir le petit hybride… »

- Jen. Tu as bien dit Jen. Attends, Cléante tu es en train de me raconter l’histoire de Jen ?

- Ma petite Hélène, il n’y a pas que de Jen que je suis en train de te raconter l’histoire. Tu me répètes toujours de te parler sincèrement. Directement. Et non par énigmes et contes alambiqués. C’est ce que je suis en train de faire.

- Oh, je… je vois. Continue, je te prie.

- Où en étais-je ? Ah, certes. La fuite se fit dans un fourgon volé, et ils réussirent non sans difficultés à quitter le royaume. Comme le petit aristocrate le craignait, le secteur zéro était bien plus chargé en douleur que les taudis. Elle suintait de tous les murs. Les deux parvinrent à se cacher dans les sous-sols, et Jen dut s’occuper pendant quelques jours du petit aristocrate, qui souffrait terriblement, comme s’il avait une forte fièvre, et se roulait en boule. Son pouvoir était plus développé maintenant qu’il s’était lié à son hybride, et la ville noire était une éponge imbibée de malheur. Il la ressentait tellement qu’il ne pouvait plus bouger. Mais au fil des jours, il parvint à mieux maîtriser son pouvoir, et à en contrôler les flux. Ainsi, il ne fut plus assailli autant qu’auparavant, et arriva peu à peu à se déplacer.

Mais malgré tout, sa priorité restait d’apaiser ces éruptions de souffrance, qui surgissaient de tous les murs. La solidarité était déjà très forte dans le secteur zéro. Tous s’aidaient et se soutenaient les uns les autres, car c’était là la seule façon de survivre. Jen et le petit aristocrate voulurent, eux aussi, apporter leur pierre à l’édifice. Ils le faisaient depuis longtemps, mais c’était plus que jamais le moment. Ils choisirent un bâtiment abandonné, et l’aménagèrent au mieux. Lorsqu’ils ouvrirent leur petit refuge, ils décidèrent de l’appeler l’institut du Sourire. Nom très ironique dans un endroit aussi sombre que la ville noire. Mais c’était leur but premier. Apaiser les souffrances. Soulager. Provoquer un sourire. Ne serait-ce qu’un instant.

- L’Institut du Sourire… mais c’est le nom de l’orphelinat. Tu veux dire que l’orphelinat a été fondé par Jen et un aristocrate de Jiyuu ? Je croyais que c’était lui et t… attends une seconde… »

« Tu commences à comprendre, ma petite Hélène ? Enfin, reprenons où tu m’as coupé. Ils définirent les règles du refuge. Les jeunes de moins de dix-huit ans pouvaient venir y habiter. Ceux qui en avaient plus pouvaient y passer la nuit dans les locaux s’il y avait de la place. Malheureusement, il n’y en avait jamais. Ils recueillirent beaucoup d’enfants, qui avaient perdu leurs parents et ne pouvaient se débrouiller seuls. Tous aidaient et se soutenaient, mais il était très difficile de trouver de la nourriture et de la place pour tous. Mais le petit aristocrate faisait son possible. Il leur racontait des contes. Des histoires. Leur apprenait à lire. A écrire. Se déguisait en magicien. Leur jouait les tours de magie de son père pour les faire sourire. Il faisait son possible pour les soutenir moralement. Mais il n’y parvenait pas toujours. Et cela le rongeait.

- Cléante… c’est toi. Depuis le début, tu me racontes ton histoire. » Elle était étonnée. D’habitude, il ne dévoilait rien de lui, sinon par énigmes et métaphores. C’était la première fois qu’il parlait de lui sans artifices, à cœur ouvert.

- Qui sait, peut-être. Combien d’années ont passé, alors ? Il rencontra de nombreux enfants, et les vit grandir. Un hybride rossignol aux cheveux en bataille, un rondouillet aux pommettes rosées, un voyou endurci aux nombreuses cicatrices… parmi eux, il y avait d’ailleurs une petite blonde aux cheveux courts et bouclés. Elle s’appelait Hélène. Et elle était si jolie, avec ses joues rondes et les taches de rousseur qui lui parsemaient le nez…

- Oui, enfin, bon, fais impasse sur ma description », le pria-t-elle en rougissant. Il eut un léger rire, comme à son habitude.

« Enfin, cette joyeuse bande fit de son mieux pour survivre ensemble. S’il avait fallu donner des rôles traditionnels, on aurait dit que Jen était le père. Il faisait de son mieux pour trouver de la nourriture, pour solidifier le bâtiment, pour créer des installations, et il apprenait à tous ses fils à devenir plus forts. Il leur posait des limites, des valeurs morales d’entraide et de solidarité. Le petit aristocrate était la mère. C’était lui qui aidait moralement ses fils, les berçait, les instruisait, les nourrissait, les apaisait, les faisait rêver. Ils remplissaient chacun un peu le rôle de l’autre, mais ils se spécialisaient dans un domaine, et l’un n’aurait pu exister sans l’autre. Quelquefois, les enfants demandaient, innocemment, pourquoi leurs deux papas n’étaient pas mariés et ne s’embrassaient jamais. Cette question ne les embarrassait pas. Elle les faisait toujours beaucoup rire.

Le petit grassouillet s’appelait Valère. Il vivait anciennement au royaume de Jiyuu, tout comme le petit aristocrate. C’était un sinful, mais ses parents avaient trouvé le moyen de le conserver chez eux. Il adorait manger. Cela dit, à leur mort, il dut se rendre dans les taudis. Sachant qu’il n’arriverait jamais à rien dans la vie, il partit chercher refuge dans le secteur zéro, où il perdit beaucoup de poids. Le petit voyou s’appelait Sten. Membre des basses classes d’Arcadia, sans parents pour l’aider, il devait voler pour vivre et gérait un petit clan de brigands. Il finit par se rendre dans le secteur Zéro lorsqu’il se demanda si l’herbe n’était pas plus verte ailleurs. La plus petite, une brunette de quatre ans, se nommait Sarah, et avait toujours vécu dans le secteur, abandonnée au refuge par une prostituée. Je pense que tu connais l’histoire d’Hélène, la petite blonde aux tâches de rousseur.

L’hybride rossignol s’appelait Léopold. C’était le plus vieux de tous, en-dehors de Jen et du petit aristocrate. On savait de lui qu’il était le demi-frère de Sarah, et on ne connaissait bien entendu pas son père. C’était également le plus volontaire et le plus responsable. Il aidait toujours à chercher de la nourriture ou à solidifier la bâtisse qui servait de toit où dormir. Même à seize ans, il écoutait toujours attentivement les histoires du petit aristocrate. Il tentait d’en tirer les morales et les enseignements. Un jour, il lui dit : « plus tard, j’aimerais être comme toi. J’aiderai tout le monde. Je ferai de mon mieux, tu verras. » Le petit aristocrate pensait bien que s’il voulait autant se rendre utile, c’était qu’il avait toujours été rabaissé car il était un bâtard. Qu’on lui avait dit qu’il n’était rien de plus qu’un fils de garce et qu’il ne serait jamais rien de plus. Alors, il lui répondait : « ne deviens pas comme moi, car tu es déjà merveilleux comme tu es ».

C’est environ six ans plus tard que le petit aristocrate, parti chercher de quoi préparer la soupe du soir, trouva le bâtiment complètement silencieux. D’abord, il appela. Plusieurs fois. Il n’y eut aucune réponse. Il chercha un moment, puis il pensa qu’il y avait des vigiles, et que Jen avait caché les enfants dans les sous-sols. Alors, il s’y dirigea rapidement. Mais il fut stoppé par une voix. Une voix féminine, qui lui ordonna de lever les mains en l’air et de se retourner lentement. Il s’exécuta. Il reconnut une tête blonde. Une tête blonde qui lui ressemblait comme deux gouttes d’eau. C’était la personne qu’il aimait plus que tout. C’était la seule personne qui avait les moyens de savoir où il était. C’était sa sœur, la petite aristocrate.

« Ne bouge pas, Cléante », cria la petite aristocrate, arme à la main. « Ton bâtard se vide déjà de son sang sur le parquet, je peux tirer sur toi aussi ! » Son frère restait stoïque, quand bien même il avait peur de s’imaginer qui était le bâtard dont elle parlait. « Quelle honte », se lamenta-t-elle. « Quelle disgrâce. Regarde ce que tu m’as fait faire. J’ai proposé de rejoindre les Red Queens pour te retrouver toi, et toi seul. Quelle honte ! Un aristocrate qui quitte Jiyuu, qui devient un ronin, et ce pour quoi ? Pour se changer en magicien d’opérette ? Regarde-toi ! Qu’est-ce qui t’es passé par la tête, mon frère ? Pourquoi tu nous as fait ça ? Maman a pleuré pendant des années… elle s’est lamentée tous les soirs. Papa était tellement en colère. Il a détruit plusieurs meubles dans des accès de rage. Pourquoi, pourquoi ? » Elle pleurait. Pour toute réponse, le petit aristocrate lui sourit.

« Dis quelque chose ! » Hurla-t-elle. « A tout instant, je peux signaler que je t’ai retrouvé. Non, en vérité, je vais le faire. Je vais tuer les rebelles et les ronins que tu gardes comme un chien ! Mon unité les conserve en haut. Mais ne t’en fais pas. Je trouverai un moyen pour que tu ne sois pas exécuté. Je vais trouver quelque chose. Mais pour cela il faut que tu me fasses confiance. Ce n’est pas de ta faute. Le sinful qui t’a enlevé, il est en train de crever en haut. Je l’ai torturé pour qu’il m’avoue qu’il t’a forcé à partir. J’ai l’enregistrement. Ce sera une circonstance atténuante. J’ai deux hommes postés en haut, ils tiennent les gosses bien tranquilles. Tu vas me suivre sans faire d’histoire. Tu vas aller retrouver ton partenaire et tout sera comme avant… »

- Estelle… » Murmura le petit aristocrate, sans se défaire de son sourire.

« - Quoi ? Quoi Estelle ? Bordel Cléante, dis quelque chose !

- Tu m’as enfin retrouvé, ma sœur. Viens dans mes bras. »

D’abord hésitante, la petite aristocrate, tremblotante et les joues toutes mouillées de larmes, lâcha son arme et se précipita dans les bras de son frère. Ils s’étreignirent longuement. La petite blonde sanglotait, toute secouée. Elle était si heureuse de retrouver enfin la personne qu’elle aimait plus que tout au monde. Qu’elle aimait tant qu’elle pouvait encore, après des années, connaître sa position grâce à son pouvoir. Mais peu à peu, elle déchanta. L’étreinte se fit plus rude. Plus serrée. Elle devint même douloureuse. Puis brûlante. Elle hurla. Le sourire du petit aristocrate était devenu terrifiant. Il la serrait contre elle et la faisait souffrir. Il exacerbait la douleur dans tous ses nerfs. Il la faisait se tordre, se tortiller de toutes ses maigres forces pour se dégager de cette emprise atroce. « Crève », murmura son frère, la voix tremblante. Ce mot l’acheva et elle éclata en pleurs et en hurlements. Cela alerta les hommes, qui relâchèrent leur attention. L’hybride rossignol en tua un au couteau, et se fit tirer dessus par l’autre. Le grassouillet eut le réflexe de l’assommer. Puis de l’achever.

Le petit aristocrate serra longuement sa sœur, et ne la lâcha que lorsqu’elle n’en puis plus et qu’elle tomba elle-même de douleur. Sans un regard pour le corps qui gisait inconscient, il grimpa les escaliers. Il n’avait pas remarqué que sa petite Hélène, cachée dans une armoire, avait été témoin toute l’horrible scène. Il arriva au deuxième étage pour trouver Léopold et Sten, tout tâchés de vermeil. Ils coloraient doucement le sol. Cléante savait qu’il ne pourrait rien faire. Alors il sourit. Et il les amena à lui, s’allongea avec eux. Il leur murmura des mots rassurants et apaisa leurs souffrances avec son pouvoir. Pour que leur mort soit douce. Qu’ils s’endorment paisiblement. Pendant ce temps, les enfants hurlaient de douleur. Hélène monta aussi, et s’épouvanta face à la scène. Léopold et Jen s’en allaient. Tous pleuraient sauf le petit aristocrate. Il se contentait de les bercer.

.« Comment peux-tu être si insensible ?! » Lui hurla-t-elle, tremblante. Peut-être pensait-elle qu’au fond, son papa n’était pas la gentille personne qu’elle croyait. « Comment peux-tu continuer de sourire ?! » Il ne répondit pas, plongé dans ses mots doux. « Tout ira bien », répétait-il. Plus jamais les choses n’iraient bien pour Jen et Léopold. Mais il fallait bien que quelqu’un leur fasse croire le contraire. »

- Cléante… je suis désolée.

- Pourquoi donc, ma petite Hélène ? Tout va bien. Où en étais-je ? Ah… c’est vrai… l’hybride panthère et le petit rossignol rendirent leur dernier soupir. Le petit aristocrate laissa les enfants, qui hurlaient de douleur. Il descendit à nouveau les marches de l’escalier. Il y trouva sa sœur inconsciente. Il l’aimait toujours. Autant qu’elle l’aimait, puisqu’elle avait su le retrouver grâce à son pouvoir. Mais tant qu’elle vivrait, il ne pourrait jamais vivre en paix. Les Red Queens auraient toujours un moyen de le retrouver. Et ils tueraient les enfants. Sa famille. Il avait enfin cessé de sourire. Il se rendait peu à peu compte qu’en voulait les aider, il n’avait que causé des problèmes aux gens qu’il aimait. Il était la cause de tout et tout était de sa faute. Mais que pouvait-il faire ? Tuer sa sœur qui l’aimait par un désir égoïste d’être pour toujours avec eux ? Il ne pouvait s’y résoudre.

« Léopold, je te laisse la charge de l’orphelinat », dit-il à l’enfant qui l’avait suivi. « S’il te plaît, emmène les affaires et choisis un autre bâtiment. Celui-là n’est plus sûr. » Il ne comprit pas pourquoi le petit aristocrate s’éloignait, sa sœur inconsciente dans les bras. « Ne t’en fais pas, je reviendrai… » Il alla déposer sa sœur loin, très loin du bâtiment, afin qu’elle reprenne ses esprits hors de portée des enfants. Puis, il alla longtemps vagabonder. Dans les sous-sols, dans la forêt, dans le désert, afin de fuir les Red Queens. Lorsqu’il croisait quelqu’un, alors il se faisait un devoir de l’apaiser, de lui conter des histoires, de le faire sourire. Un an passa ainsi, avant qu’il revienne à l’orphelinat. Tous avaient grandi et pris en maturité. Surtout son petit Sten, un leader né. Même sa jolie Hélène était devenue une vraie jeune femme…

- Et après cette courte visite, tu t’es à nouveau éclipsé pendant un an. Arrête ça, Cléante, on a tous besoin de toi ! On se fiche des Red Queens ! On veut notre papa. S’ils viennent, on saura les accueillir. Une visite par an, c’est trop peu…

- Tu vois que tu es encore une enfant, Hélène. Tu es insouciante. Tu te penses invincible comme moi à l’époque. Mais c’est une bonne chose. Ne change rien. J’imagine que j’ai conté toute l’histoire… mais elle n’a pas de morale, malheureusement. C’est normal, puisqu’elle n’est pas terminée. Elle est encore en cours d’écriture. Mais ne t’en fais pas. A partir d'aujourd’hui, je vous rendrai plus souvent visite. Mais jamais trop longtemps. Pardonne-moi. » A ces mots, Cléante l’embrassa sur la joue avant de disparaître dans la nuit.

 


 
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Dernière édition par Cléante de Belmont le Lun 5 Oct - 20:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Je suis au loin et lorsqu'on s'approche de moi, je recule. Qui suis je ? [Terminé]   Dim 4 Oct - 23:59

Chateau ambulaaant *___* J'aime ce personnage.

Il n'y a aucune raison pour que ce forum ne marche pas >w< (surtout vu le commencement.)!

Bienvenue parmi nous! ♥
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MessageSujet: Re: Je suis au loin et lorsqu'on s'approche de moi, je recule. Qui suis je ? [Terminé]   Lun 5 Oct - 1:04

Tout d'abord bienvenuuuue Cléante *^* Je suis très heureux de te voir parmi nous! ^^ Sinon oui moi aussi je l'espère >w< On fera tout notre possible que ce fo marche! Et qu'il y ait une bonne ambiance ^^

Alors concernant ta fiche j'adore *^* D'abord le vava Howl *^* et ensuite j'ai vraiment aimé l'histoire avec les sinfuls etc c'était très prenant et original en plus! ^^ Bref ce personnage est très intéressant! Par contre je ne peux pas te valider maintenant car il te manque un petit bout du code du règlement >< Sinon tout est parfait ^^ Voili voilou^^

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Merci Leim pour le kit!
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MessageSujet: Re: Je suis au loin et lorsqu'on s'approche de moi, je recule. Qui suis je ? [Terminé]   Lun 5 Oct - 7:35

Hello !! '^'

Bienvenue Jolie fiche *^*
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MessageSujet: Re: Je suis au loin et lorsqu'on s'approche de moi, je recule. Qui suis je ? [Terminé]   Lun 5 Oct - 7:46

Bienvenuuue ♡
Superbe fiche *^*
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Ran
 
 
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MessageSujet: Re: Je suis au loin et lorsqu'on s'approche de moi, je recule. Qui suis je ? [Terminé]   Lun 5 Oct - 8:54

Bienvenue sur le fo ~ quand je serais plus en cours, je lirais ta fiche *tousse*

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MessageSujet: Re: Je suis au loin et lorsqu'on s'approche de moi, je recule. Qui suis je ? [Terminé]   Lun 5 Oct - 20:20

Crystal > Merci ! Non en effet, aucune raison, surtout qu'il a déjà vraiment l'air génial 8D

Aleksandra > Hello, merci à toi ! *^*

Aël > *Glomp*

Ran > Merci beaucoup ! 8D

Azazel > Merci ! Je ferai mon possible pour vous aussi. C'est super que ça t'ait plu ** Et voilà voilà, j'ai corrigé, pardon pour cette erreur, j'avais tout lu attentivement je le jure... xD
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MessageSujet: Re: Je suis au loin et lorsqu'on s'approche de moi, je recule. Qui suis je ? [Terminé]   Lun 5 Oct - 21:28




Félicitations !

T'en fais pas ça m'arrive aussi parfois u_u" Donc je te crois mdr Enfin bref maintenant que tout est ok je te valide! hu hu~
Félicitations! Tu as complété ta fiche personnage avec brio! Te voici prêt/prête pour rp sur Hybrid Knight!
Pense bien à  recenser ton avatar! Tu peux aussi faire ta fiche de lien  et demander un logement ! Selon ton groupe tu peux aussi faire une demande d'hybride/maître/partenaire ici ~


Si tu as la moindre question, n'hésites pas à contacter tes administrateurs et modérateurs chéris que sont Azazel et Ran! <3

© Narja - Never-Utopia

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MessageSujet: Re: Je suis au loin et lorsqu'on s'approche de moi, je recule. Qui suis je ? [Terminé]   

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Je suis au loin et lorsqu'on s'approche de moi, je recule. Qui suis je ? [Terminé]

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